Chroniques albums Musiciens.biz 22 novembre 2009Ian Doray une 4ème Symphonie très 'spatiale'
RKO records fait paraître "Alcithoé : Quatrième Symphonie" du créateur du "concept de musique virtuelle" en 1994.
Ian Doray pour partir en voyage sur une exoplanète dans son sofa. Mais connaissez-vous ce compositeur? En voici une découverte par son dernier album. Un mélange harmonieux d'intruments électriques, acoustiques, à modélisations, de solistes et de chœurs "quantiques".
Tout d'abord, première énigme ; le titre, "Alcithoé". Pendant une année, le bonhomme semble avoir quitté la Terre pour nous rapporter ce carnet de bord musical et poétique. "Alcithoé" serait en fait notre plus proche exoplanète tellurique nommée par les astronomes Gliese_581_c. Voilà pour le titre.
La musique maintenant.
Le voyage commence par un "Boléro Spatial" qui n'est pas sans nous rappeler un certain Mahavishnu Orchestra période Jean-Luc Ponty mais Ian Doray ne s'attarde pas, son vaisseau sur le départ nous entraîne vers une sorte de Britten joyeux qui aurait avalé un minimoog. Les 9 "G" de poussée se font sentir par des guitares lourdes façon Sonic Youth que la gravitation aurait du mal à extirper de l'attraction terrestre. Puis des chœurs victoriens mélangés à du Krafwerk sous speed saluent la réussite du lancement. On pourrait s'arrêter là et faire un petit tour en orbite, mais non, Ian Doray est pressé. Il a encore trois milliards d'année-lumière à parcourir.
Puis c'est l'émerveillement, le London Symphonic Orchestra meets Dark Side Of The Moon avec un beat house à 120 bpm (les dj's de tout poil vont se régaler comme ils s'étaient jetés sur l'Homophonie n° 4 du même compositeur mais c'est une autre histoire. Le "Voyage vers Alcithoé" continue par un thème où je ne saurais citer des références. A ma connaissance il n'y en a pas. Mais si vous en avez, je suis preneur. Ensuite pour nous faire découvrir la magnificence du cosmos c'est un peu Bach (au clavecin) + Eno (au synthé) + Schumann (à la baguette) Un thème magnifique là encore propre à Ian Doray.
L'arrivée sur Alcithoé est mouvementée mais également mélodieuse. Un atterrissage pop / rock / jazz / psyché à la Squeeze, Keith Jarrett, qui auraient rencontrés des aliens.
Pour "Extrasolar Suite", au départ la vie sur Alcithoé semble douce et tranquille; des lutins grenouilles jouant avec Anne Gastinel, telle une héroïne de Lewis Carroll puis Elvin Jones et Coltrane sous tranquillisants se joignant à elle. L'atmosphère se charge petit à petit pour laisser place à des montées d'orchestre inquiétantes, un trombone prokofievien nous indiquant une rencontre prochaine avec les alcithoéens. En effet, un Steve Cropper branché sur une fuzz figurant les indigènes dialogue avec les terriens qui eux communiquent sous forme de chœurs légers. On imagine bien la rencontre incongrue d'un James Brown avec le chœur de la Maîtrise de Radio France! Je vous laisse vous faire une petite idée de la suite...
"Rick Requiem" et Tom est perdu dans l'Espace" sont du même acabit.
Eric Garniet